Insuffisance pancréatique : quel régime alimentaire ?

8 novembre 2019
Le pancréas est une glande très importante qui n'est pas seulement impliquée dans le diabète. Avez-vous déjà entendu parler d'autres maladies connexes ?

L’insuffisance pancréatique se caractérise par la perte de la fonction du pancréas de façon progressive jusqu’à ce qu’il devienne un organe inutile. D’autre part, la pancréatite aiguë est un processus inflammatoire temporaire. Comment s’alimenter dans ces cas là ?

Le pancréas en tant qu’organe

Le pancréas est une glande avec deux fonctions principales : fonction endocrine et exocrine. La fonction endocrine est chargée de la production des hormones comme l’insuline, le glucagon, la somatostatine, la gastrine et le polypeptide pancréatique.

Par ailleurs, la fonction exocrine est responsable de la sécrétion des enzymes pancréatiques telles que l’amylase, la lipase ou le trypsinogène.

Importance de la sécrétion pancréatique

La sécrétion pancréatique, de même que le foie, est impliquée dans le métabolisme de tous les macronutriments. En effet, la digestion des graisses dépend des acides biliaires et de la sécrétion pancréatique. Les lipides sont le groupe de nutriments le plus affecté par l’insuffisance pancréatique ou par les problèmes hépatiques.

En ce qui concerne les protéines, leur processus d’absorption est dépendant de mécanismes supplémentaires comme, par exemple, la pepsine des sucs gastriques. Pour cette raison, si le pancréas ne fonctionne pas, leur digestion n’en est pas trop affectée. De la même façon, l’absorption des glucides nécessite également des mécanismes additionnels à l’utilisation du pancréas.

Pancréatite aiguë

Il n’existe pas de données récentes sur son incidence en Espagne. Toutefois, aux Etats-Unis, il s’agit de la troisième cause d’admission à l’hôpital et représente la cinquième cause de décès par maladies non malignes. Cette pathologie peut être légère ou mener à une insuffisance multi-organique si elle touche d’autres organes.

Pancréatite chronique

La pancréatite chronique se caractérise par l’apparition de lésions irréversibles inflammatoires qui entraînent l’atrophie de la glande et l’apparition de fibrose. Avec l’insuffisance de l’organe qui en découle.

Un homme avec une douleur au ventre.

Lorsque la fonction endocrinienne est altérée, cette maladie est associée au diabète. D’autre part, l’insuffisance exocrine est liée à la diarrhée secondaire due à la mauvaise absorption des graisses, connue comme stéathorrée. Il en résulte aussi une mauvaise absorption des vitamines liposolubles.

Les causes de l’insuffisance pancréatique

Les causes de cette maladie peuvent être d’origine toxico-métabolique, idiopathique, génétique ou auto-immune. La consommation d’alcool ou de tabac peut également entraîner des problèmes pancréatiques. Au sein des causes génétiques, on distingue la mucoviscidose. Alors que l’exemple du syndrome de Sjögren est d’origine auto-immune.

Objectif nutritionnel en cas d’insuffisance pancréatique

L’objectif le plus important est de maintenir un état nutritionnel adéquat et de corriger la dénutrition si c’est le cas. En effet, il est assez courant de trouver dans ce groupe de patients des individus souffrant de dénutrition ainsi que des cas d’hyperphagie qui contribuent à la perte de la masse musculaire.

Autrement dit, ces personnes ingèrent parfois un excès de calories provenant d’aliments riches en graisses pour tenter d’inverser la perte de poids. Par conséquent, à la suite de la consommation excessive de graisses, il se produit des diarrhées qui entraînent la perte d’autres nutriments. Principalement les vitamines.

En deuxième lieu, il est essentiel de suivre un contrôle adéquat de la glycémie afin d’éviter ou retarder la progression de la maladie diabétique. Cela peut nécessiter une insulinothérapie chez le patient. Une alimentation à base de glucides avec une faible charge glycémique peut être alors une excellente option.

Le troisième objectif serait de déterminer si l’absorption des nutriments est correcte. Une fois que l’état des macro et micronutriments a été évalué, puis en tenant compte de la présence ou de l’absence de diarrhées, le but est d’individualiser le régime alimentaire.

A ce stade du processus, l’intervention d’un diététicien nutritionniste est fondamentale. Il sera effectivement chargé d’adapter l’alimentation. Notamment en ce qui concerne son contenu en glucides et en protéines.

Enfin et surtout, il est nécessaire d’évaluer les éventuels déficits qui peuvent dériver de l’insuffisance pancréatique. Les analyses doivent considérer les valeurs des vitamines liposolubles et des minéraux afin de prévenir les complications.

Ensemble de légumes, fruits et graines.

Insuffisance pancréatique : programme diététique

La recommandation nutritionnelle fondamentale est de maintenir une alimentation saine et équilibrée avec une répartition adéquate des macronutriments. Par ailleurs, le fait de fractionner l’ingestion en plusieurs prises atténue généralement l’inconfort digestif.

De plus, il est indispensable de contrôler surtout la quantité et le type de graisses consommées par ces patients. Les mieux tolérées sont celles d’origine végétale ainsi que les triglycérides à chaîne moyenne. En outre, des enzymes pancréatiques peuvent être utilisées pour garantir la digestion de ces macronutriments à condition d’être préalablement adaptées à la prise quotidienne.

Concernant les glucides, leur consommation dépend de l’état de la fonction endocrine du pancréas. Quoi qu’il en soit, le nombre de rations dépend de la présence ou non du diabète. L’apport en protéines est régi par les recommandations internationales, tant qu’aucun autre organe n’est affecté.

Enfin, en ce qui concerne la supplémentation en vitamines, il est possible que ces patients aient besoin d’un complément en vitamines liposolubles. Il s’agit des vitamines A, D, E et K.

  • Everhart JE, Ruhl CE. Burden of digestive diseases in the United States Part III: Liver, biliary tract, and pancreas. Gastroenterology. 2009;136:1134-44
  • Lowenfels AB, Maisonneuve P, Sullivan T. The changing character of acute pancreatitis: epidemiology, etiology, and prognosis. Curr Gastroenterol Rep 2009;11:97-103