Comment traiter les hématomes ?

28 juin, 2020
Les hématomes ou ecchymoses sont des accumulations de sang dans les tissus mous du corps. Le sport est un important générateur de ces lésions, et le traitement est assez simple lorsqu'il n'y a pas de complications.
 

Les hématomes dus à des lésions sportives sont courants dans presque tous les sports de contact. Les joueurs de rugby, de football et de basket-ball ont tous des hématomes. C’est également le cas de ceux qui subissent des sports individuels à haut impact, tels que l’escalade, le tennis professionnel ainsi que les courses de fond.

Un hématome est appelé vulgairement un bleu. Il consiste en l’accumulation de sang dans les tissus mous du corps en raison de la rupture des vaisseaux sanguins. Le sang quitte alors le système circulatoire et se dépose sous la peau, dans le muscle ou sur les bords de l’os.

La caractéristique principale des hématomes est leur coloration. Cette couleur varie avec le temps en raison de la modification chimique de l’hémoglobine présente dans la sang. D’autre part, le changement de couleur indique l’évolution et le processus de résolution de l’hématome.

Selon le lieu, il existe trois types d’hématome :

  • Du périosteil s’agit de l’ecchymose la plus profonde qui se situe sur l’os lui-même.
  • Intramusculaire : le sang s’accumule entre les fibres musculaires. C’est le signe caractéristique des déchirures.
  • Sous-cutané : l’hématome est sous la peau. C’est la présentation la plus fréquente.

Les symptômes

Le signe d’un hématome est sa visibilité lorsqu’il se trouve sous la peau ou dans le muscle. L’hématome du périoste n’est pas visible depuis l’extérieur et se détecte uniquement avec des techniques d’imagerie.

Un match de rugby.
 

Outre le bleu, il y a généralement une douleur ainsi qu’une inflammation. La douleur s’explique par la pression que le sang exerce sur les structures voisines. En effet, nous devons penser que cette accumulation de liquide occupe un espace qui était déjà occupé auparavant par d’autres tissus de l’organisme.

Par ailleurs, les hématomes sous-cutanés et intramusculaires sont douloureux au toucher et augmentent même la sensibilité de la peau dans la région. Certains cas ne tolèrent même pas l’usage de vêtements par dessus le bleu en raison de la gêne produite.

En outre, l’hématome intramusculaire s’accompagne d’une impuissance fonctionnelle. Les fibres du muscle affecté sont altérées et dilatées à cause de l’hématome. Leur utilisation est donc difficile, surtout dans le sport.

La déchirure musculaire : un hématome pathologique

Parmi les lésions sportives, la déchirure est l’une des plus redoutées et des plus fréquentes. La rupture des fibres musculaires est considérée comme une maladie classique à l’origine des ecchymoses.

Une déchirure correspond à la rupture du muscle, en général de certaines fibres spécifiques, par un mouvement de contraction ou d’étirement brusque. Les membres inférieurs représentent la région la plus touchée par les déchirures. Et, par conséquent, une zone fréquente d’apparition des hématomes chez les sportifs.

D’autre part, les déchirures musculaires se classent en trois catégories :

 
  • Première : il s’agit de la forme la plus bénigne de la lésion. La région affectée est douloureuse et peut ne pas être contusionnée, ou présenter seulement un hématome minuscule, non visible.
  • Seconde : des ecchymoses sont présentes ainsi qu’une impuissance fonctionnelle du muscle.
  • Troisième : la rupture est importante et l’intervention chirurgicale est évaluée. Cliniquement, il y a des hématomes étendus qui peuvent nécessiter un drainage chirurgical.

Complications des hématomes

Un hématome généré par une lésion sportive peut évoluer favorablement ou se compliquer. D’une certaine manière, cela dépendra de l’approche immédiate, comme nous le verrons plus tard.

La complication fréquente qu’il faut éviter est l’infection. En effet, un hématome infecté requiert l’usage d’antibiotiques ainsi qu’une intervention chirurgicale qui draine la zone afin de permettre la sortie des micro-organismes et du pus.

L’autre complication redoutée est le syndrome compartimentalCe cadre clinique consiste en la présence de signes et de symptômes résultant du pincement qui a lieu sur les nerfs et les vaisseaux sanguins. Le syndrome compartimental doit être traité et l’hématome drainé.

Comment traiter les hématomes ?

La plupart du temps, les hématomes se traitent de manière conservatrice. La mesure initiale est le reposqui peut s’appliquer directement par le sportif jusqu’à la consultation avec un professionnel.

Une femme qui applique du froid sur son épaule.
 

L’application de froid local est également une mesure à prendre dans un premier temps. Le froid doit s’appliquer sur l’hématome plusieurs fois par jour, pendant de courtes périodes, en utilisant un tissu qui sépare la source de froid de la peau.

De même, il est recommandé de bander l’ecchymose. Cependant, cela ne doit pas nécessairement être compressif, mais le bandage doit tout de même exercer une certaine pression sur la zone afin d’éviter l’expansion du liquide et obliger le corps à accélérer la réabsorption.

Un athlète ne doit jamais, et en aucun cas, drainer lui-même un hématome. Seuls les professionnels de la santé sont en mesure d’effectuer la manœuvre lorsqu’elle est indiquée. Sinon, il y a un risque élevé d’infection ou de complication avec le syndrome compartimental.

Enfin, l’usage de médicaments doit être discuté avec le médecin. Si nécessaire, il évaluera la situation, l’état de santé, ainsi que les contre-indications afin de choisir le médicament approprié.

 
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