L’alcool freine-t-il les résultats de l’exercice physique ?

6 mai 2019
De nombreuses personnes culpabilisent après avoir bu quelques bières ou quelques verres car elles savent que le sport et l'alcool ne font pas bon ménage. Savez-vous néanmoins à quel point l'alcool peut freiner les résultats de l'exercice physique ?

Athlètes de haut niveau ou non, il est indéniable que nous aimons tous profiter de notre temps libre, notamment le week-end, et prendre un verre avec des amis. Savez-vous néanmoins à quel point l’alcool peut freiner les résultats de l’exercice physique ?

Est-ce que l’alcool affecte l’entraînement ?

L’Institut Néo-Zélandais de l’Alimentation, de la Nutrition et de la Santé a entrepris d’analyser les effets de l’alcool sur la récupération musculaire après un entraînement intense. Ils ont pour cela réuni un groupe de personnes âgées en moyenne de 23 ans, qui s’entraînaient régulièrement et les ont soumis à un exercice de contraction excentrique.

Entraînement et alcool

Après cet exercice, ils ont donné à chacun une boisson alcoolisée avec un soda, leur donnant à chacun 1 gramme pour chaque kilogramme de poids corporel. Un autre groupe, qui suivait le même entraînement, a reçu quant à lui un jus d’orange.

Quels ont été les résultats ? Ceux qui n’ont pris qu’un jus ont vu leur force maximale diminuer entre 12,28 et 19 % alors que ceux qui ont consommé de l’alcool ont subi une diminution de 34 à 40 %. Cela signifie donc que l’alcool peut avoir une influence négative sur les résultats d’un entraînement intense et favoriser le catabolisme des muscles.

L’alcool peut freiner les résultats de l’exercice dans la récupération musculaire

Les muscles se développent en partie grâce à l’hormone de croissance. Si les niveaux de cette dernière sont très bas, les muscles verront leur croissance affectée. D’autres études ont montré par ailleurs que l’alcool peut réduire les niveaux de cette hormone jusqu’à 70 %.

Il en va de même pour la testostérone. Cette hormone influe également beaucoup sur la croissance musculaire, en particulier chez les hommes. Nous considérons que l’alcool génère une substance toxique dans le foie qui inhibe la production de testostérone et produit une augmentation du cortisol, pouvant catalyser les muscles.

l'alcool

L’alcool réduit par ailleurs de 73 % la vitesse à laquelle votre corps brûle les graisses, autrement dit, l’oxydation des lipides. Ceci est plus grave qu’il n’y paraît car notre corps a besoin de «manger» quelque part.

Le foie métabolisera donc l’alcool s’il arrive avant la graisse. Il produira de l’acétate et l’amènera dans la circulation sanguine pour l’utiliser comme carburant.

Notre corps absorbe moins de nutriments pendant que cela se produit dans notre foie. Ce dernier est en effet «occupé» à essayer d’assimiler l’alcool qui lui arrive. Tout cela sans compter l’apport calorique que l’alcool amène dans notre corps. Se rendre à la salle de sport pour brûler des calories et de la graisse puis consommer de l’alcool n’a par ailleurs aucun sens.

Tout cela signifie-t-il que nous ne pouvons pas boire d’alcool ?

Vous savez déjà que nous apprécions les devises. L’une d’elles peut s’appliquer à l’alcool : tout est bon tant que c’est avec modération. En dépit des effets négatifs de l’alcool sur l’organisme, nous pouvons en consommer si nous restons modérés.

Les études ont montré que ces effets négatifs de l’alcool se manifestaient si nous ingérions plus d’un gramme d’alcool par kilo de poids corporel. Pour vous donner une idée, une personne pesant 85 kilos pourrait boire environ six canettes de bière sans problème. Ce qui est déjà en soi une exagération !

Évidemment, moins nous consommons d’alcool, mieux c’est. Mais prendre un verre avec des amis le week-end ne réduira pas à néant tout ce que vous avez accompli.

L’important est de savoir se contrôler, de disposer d’une routine d’exercice et d’une alimentation saine et équilibrée. Faites donc de l’exercice et partagez quelques verres avec des collègues.